Supply Chain et le gaspillage alimentaire

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Difficile en ce 16 octobre, journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, d’échapper à ces chiffres : en France, la production annuelle de déchets alimentaires atteint 10 millions de tonnes et chacun d’entre nous produit 20 kg de déchets par an dont 7 kg de déchets alimentaires non consommés encore emballés. Au niveau mondial, selon la FAO, ce sont 1,3 milliard de tonnes de produits comestibles qui sont gaspillés chaque année et 28 % de la superficie agricole mondiale qui sert à produire de la nourriture qui finira au rebut. Un gaspillage dont le coût est estimé à pas moins de 750 milliards de dollars par an, sans compter le lourd tribut environnemental. Le problème est d’autant plus inquiétant que la production alimentaire mondiale risque de ne pas faire le poids face à l’augmentation de la population mondiale.

Les initiatives pour limiter les dégâts ne manquent pourtant pas et elles ne datent pas d’hier. Les organisations internationales, notamment la FAO, se sont lancées dans la bataille dès les années 70 avec le programme Prevention of food losses ou plus récemment l’initiative Save food. Le Parlement européen a déclaré 2014 année de lutte contre le gaspillage alimentaire avec comme objectif de réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025. Les distributeurs participent également avec, par exemple, les dons aux banques alimentaires ou des initiatives comme celle de Monoprix et de Sols & Fruits consistant à valoriser les fruits « moches », distinguée par le Trophée ECR 2014 « lutte contre le gaspillage alimentaire ».

S’il est clair que la lutte contre le gaspillage alimentaire s’impose pour des raisons économiques, écologiques, sociales et éthiques, et qu’elle nécessite l’implication de tous, le problème n’en demeure pas moins complexe. Les problématiques sont différentes selon les pays : les pertes interviennent essentiellement au niveau de la production agricole dans les pays en développement, mais plutôt au niveau du commerce de détail et des consommateurs dans les pays développés. La France est un bon exemple à cet égard puisque les foyers seraient responsables de 65 % du gaspillage alimentaire et la distribution de 23 %, le reliquat étant le fait de la restauration.

Le phénomène est par ailleurs aussi bien le fait de pertes (l’aliment étant devenu impropre à la consommation) que de gaspillages (l’aliment est jeté alors qu’il reste comestible).

Il s’agit enfin d’un phénomène qui touche tous les maillons de la chaîne logistique alimentaire. En effet, les pertes interviennent aussi bien au niveau de la récolte que du stockage, de la transformation et de la distribution et soulèvent des questions aussi diverses que celles du transport, de l’emballage, des manipulations, des DLC, de la conservation, des moyens logistiques des banques alimentaires, etc. Autant de sujets où les professionnels de la logistique sont en première ligne et qu’ils ne manqueront sans doute pas d’aborder lors de la conférence sur le gaspillage alimentaire prévue dans le cadre du salon Supply Chain Event qui se tiendra au CNIT Paris-La Défense les 26 et 27 novembre prochains.

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